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Pour
les autres une autre légende urbaine: La légendaire malédiction de la famille Seaforth

La légen
daire histoire du sorcier de Braham

On l'appela
it parfois le Sorcier du Glen et parfois le Voyant de Braham. Son vrai nom était Coinneach Odhar en gaélique, ou Kenneth Mackenzie en anglais. Il vivait en Écosse, au XVIIe siècle. L'avenir lui apparaissait à travers le trou d'une pierre blanche. On dit qu'il annonça la sanglante bataille de Culloden de 1746 et le percement du canal Calédonien, qui, à travers de l'Écosse, du Loch Linnhe jusqu'au Firth Moray, relie l'Atlantique à la mer du Nord et qui fut découvert en 1822. Mais c'est surtout à la « malédiction des Seaforth » que Mackenzie doit sa renommée.

L'hist
oire de cette malédiction remonte à 1660, date à laquelle le comte de Seaforth se rendit à Paris, laissant dans son château de Brahan son épouse Isabelle, aussi laide que fruste et emportée. Le temps passa. La date prévue pour le retour du comte arriva, sans ramener le châtelain à Brahan. Isabelle commença à se dire que son mari avait dû trouver à Paris une compagnie plus agréable que celle qu'il goûtait auprès d'elle sur ses terres.

Jour ap
rès jour, avec sa conviction que le comte la trompait, se renforçait sa jalousie. Un soir de réception, alors qu'une foule d'invités se pressait dans la grande salle du château, elle fit venir le voyant et lui demanda s'il était capable de voir son mari à travers sa pierre percée. Mackenzie porta la pierre à son ½il et fut prit de fou rire, sans vouloir en dire la raison. Isabelle, furieuse, finit par lui arracher l'aveu qu'il voyait le compte, avec une femme sur ces genoux, pendant qu'une autre lui caressait les cheveux.

Fol
le de rage, Isabelle ordonna à ses domestiques de se saisir du mage. Selon certains récits, elle le fit pendre au château de Brahan sans autre forme de procès; selon d'autres, elle le traduisit en justice pour pratiques de sorcellerie, et il fut condamné à être brûlé vif dans un tonneau de goudron.

Monument commémoratif du sorcier de Brahan

Quoi qu'il en soit, on rapporte qu'avant sa mort, en 1663, Mackenzie proféra la célèbre «malédiction des Seaforth» en ces termes :

« Je lis dans l'avenir et je vois la malédiction s'abattre sur la race de mes oppresseurs. Peu de générations passeront avant que l'ancienne lignée des Seaforth ne sombre dans l'extinction et le malheur. Je vois un chef, le dernier de la famille, sourd et muet. Il engendrera quatre beaux garçons, qui tous le précéderont dans la tombe. Il vivra rongé de soucis et mourra dans le deuil, sachant la gloire de ses ancêtres à jamais éteinte, nul autre chef des Seaforth ne règnera sur Brahan ou sur Kintail. Après avoir pleuré le dernier et le plus prometteur de ses fils, il descendra à son tour au tombeau. Une jeune femme à coiffe blanche, venue de l'Orient, héritera du reste de ses domaines, et elle tuera sa s½ur. En signe avant-coureurs de ces évènements, à l'époque du dernier chef sourd-muet des Seaforth, vivront quatre châtelains Gairloch, Chisholm, Grant et Raasay dont l'un aura des dents de lapin, l'autre, un bec de lièvre, le troisième, un cerveau fêlé, et le dernier un bégaiement. Les chefs marqués par ces signes particuliers seront les voisins et alliés du dernier des Seaforth : quand il les ra connaîtra, il saura que ces fils vont mourir, que ses vastes domaines passeront en des mains étrangères et que sa lignée s'éteindra pour toujours. »

Au cours des cent trente-cinq années suivantes, les Seaforth connurent des fortunes diverses. En 1668, ils soutinrent le roi catholique Jacques II qui s'enfuit en France, et, en 1715, son fils Jacques Stuart, dit le prétendant ce qui leur valut d'être déchus de leurs biens et de leur titre. Ils retrouvèrent les faveurs royales au milieu du XIXe siècle.

Après tant d'années, on avait presque oublié la malédiction des Seaforth. Le nouveau lord avait quatre fils et six filles, et, bien qu'il fût, en
fant, sourd et muet à la suite d'une fièvre scarlatine ( il avait recouvré la parole par la suite), il semblait improbable que la lignée des Seaforth vint à s'éteindre. Et ce n'était peut-être qu'une sinistre coïncidence si son voisin Mackenzie de Gairloch avait des dents de lapin, si Chisholm de Chisholm avait un bec-de-lièvre, Grant de Grant, le cerveau fêlé et Macleod de Rassey, un bégaiement incurable.

Mais l'un
des fils de Seaforth mourut, puis un autre, puis un troisième. La santé du quatrième donnant des inquiétudes, son père l'envoya se faire soigner en Angleterre. En dépit de tout, ce quatrième et dernier fils mourut également. Comme l'avait prédit le sorcier du Glen, le père survécut à ses fils et, à sa mort en 1815, le titre s'éteignit avec lui. La première partie de la prophétie s'est réalisée.

Des
domaines de Seaforth hérita la fille de compte, Mary Elizabeth Frederica, laquelle avait épousée l'amiral compte Samuel Hood, qui avait combattu à la bataille du Nil et promu commandant en chef des Indes Orientales. Il était mort à Madras, peu avant Lord Seaforth. Mary rentra en Écosse, portant la coiffe blanche traditionnelle des veuves. Comme l'avait prévue la malédiction, les terres de Seaforth passaient à une « jeune femme à la coiffe blanche, venue de l'Orient ».

Le d
omaine de Seaforth se trouvait déjà fort réduit par une mauvaise gestion, des dépenses excessives, les impôts. Mary se trouva contrainte de vendre encore des terres, dont l'île de Lewis. Morceau par morceau, les immenses propriétés des Seaforth passaient à des mains étrangères.

L
e dernier épisode de la malédiction s'accomplit quelques années plus tard. Un jour, Mary emmena sa jeune s½ur Caroline faire une promenade en voiture dans les bois. Brusquement, les chevaux s'emballèrent et la voiture se retourna. Mary fut blessée, mais Caroline mourut dans l'accident. La jeune femme venue de l'Orient avait tuée sa s½ur, ou du moins, avait occasionnée sa mort, exactement comme l'avait prédit Kenneth Mackenzie des centaines d'années auparavant.


# Posté le mercredi 18 mars 2009 03:16

LE GRIMOIRE MAUDIT DE AHRIMAN

LE GRIMOIRE MAUDIT DE AHRIMAN
Cela commence il y a fort longtemps, puisque nous sommes sans doute au IXe siècle. Où ? L'histoire ne le dit pas, mais probablement dans quelque pays enveloppé dans les brumes du nord ou de l'est. Allemagne ? Angleterre ? Hongrie peut-être, ou Pologne. En tout cas, il s'agit d'un pays qui croit aux sorcières, et qui les pourchasse avec férocité.

Une sor
cière... Comment se nommait-elle ? On l'ignore aussi. Ahriman, peut-être... Elle a été confondue, jugée, condamnée, brûlée. Brûlée en partie seulement, car quelqu'un un autre sorcier ? s'est approché après le supplice du bûcher auquel les restes de la sorcière, noircis par les flammes, pendaient encore.

Cet
te personne décroche le corps de la femme martyrisée et emporte le cadavre, dont le visage calciné montre encore une expression terrifiante de haine et de douleur. Il l'emmène chez lui. Que veut-il en faire ? On n'ose y songer...

Des années plus tard apparaît sur le marché un livre d'aspect sinistre, noirci comme par les flammes d'un bûcher. Quand on l'ouvre, on lit sur les premières pages parcheminées : Grimoire d'Ahriman. Les caractères sont gothiques et le texte est tout entier consacré à des recettes de magie noire. Certains disent que le livre, feuillets et couverture, est entièrement fait de peau humaine : la peau de la sorcière suppliciée. Pour l'instant, nous sommes encore au tout début du IXe siècle, car c'est le couronnement de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle. Un magistrat de la ville, dit la légende, offre le volume inquiétant au nouvel empereur. Ses intentions sont-elles amicales, ou hostiles ? Quand on connaît la suite de l'histoire, on ne se pose plus la question.

On rac
onte que ce livre, cadeau précieux, fut exposé plus tard dans une vitrine fermée. Mais, un matin, on eut la surprise de retrouver le grimoire sur le sol. La vitrine était brisée. Quelqu'un commente :

Ce g
rimoire n'est pas le grimoire d'Ahriman...

« On
dirait que ce livre maudit a cherché à s'échapper, qu'il a cassé la vitrine de l'intérieur. De toute manière, la salle est hermétiquement close, et absolument personne ne peut y pénétrer pendant la nuit. »

On juge plus prudent d'enfermer l'ouvrage noirci dans une armoire de fer. Quelques jours plus tard, celle-ci est découverte, forcée par une main inconnue : quelqu'un s'est emparé du Grimoire d'Ahriman, et uniquement de cet ouvrage. On perd ensuite la trace du livre pendant de longues années.

Il
réapparaît, un peu plus noirci encore, quand, des siècles plus tard, la maison d'un brocanteur brûle de fond en comble. Déjà, on peut se demander d'où il tenait le dangereux écrit. Et si les propriétaires successifs avaient ou non souffert de le détenir... Peut-être connaissaient-ils le mode d'emploi ? Peut-être étaient-ils, eux aussi, sorciers et nécromants, héritiers de la sorcière ?

Nous a
rrivons en 1566, et c'est chez un diamantaire juif d'Amsterdam qu'on retrouve le manuscrit. Cet homme, selon la rumeur publique, possède le grimoire. Et le diamantaire, qui est du genre bavard, raconte une étrange histoire : « J'ai voulu nettoyer mon grimoire. La reliure était toute maculée de fumée. Mais à peine avais-je commencé à le frotter que le livre s'est échappé de mes mains et qu'il a littéralement plongé dans une cuve d'eau qui était devant moi. Cette eau, qui l'instant d'avant était toute fraîche, s'est mise à bouillonner... Incroyable ! ». En tout cas, le diamantaire bavard a sans doute ravivé la malédiction en parlant à tort et à travers car, un peu plus tard, un malfaiteur s'introduit chez lui, le frappe et le laisse à moitié mort. Quand il reprend ses esprits,